SWISS OPEN

Charmey

Welcome to the
Swiss Paragliding Open 2026
page

HOW ?

Simply take off and race while discovering the astonishing Prealps scenery

WHEN ?

21th to 27th june 2026


WHERE ?

Charmey - Vounetz


Comptes rendus

De la plume de Jean Ammann

Manche 1 - Trois hommes en 19 secondes

Journée idéale pour la première manche du Swiss Open de Charmey, qui désignera en fin de semaine le nouveau champion suisse : celui qui succédera à Stephan Morgenthaler et celle qui succédera à Sarah Zimmermann, à moins que les tenants du titre ne conservent leur couronne nationale, puisqu’ils sont tous les deux en lice et qu’ils ont dominé cette première journée de compétition.

Une manche de 96km avec quatre balises, la première en direction du nord, vers le Stockhorn, cap ensuite vers La Lenk, plus précisément sur l’Albristhore, la suivante, la plus au sud, à la Dent de Corjon, et les deux dernières sur le chemin du retour, entre Grandvillard et la Dent de Broc. Huitante pilotes au départ, qui se sont élancés à 14h15, et qui ont trouvé des plafonds à 3300m. Ce qui, avec le réchauffement climatique, est de plus en plus fréquents dans les Préalpes. Cinquante-trois pilotes au goal. Les plus rapides ont bouclé la manche en 2h24, à la vitesse moyenne de 38,4 km/h: Stephan Morgenthaler (Ozone Enzo 3), Dominik Breitinger (Gin Boomerang RFC)) et Joel Fuchs (Ozone Enzo 3) se tiennent dans la même minute, plus précisément en 19 secondes! Chez les femmes Sarah Zimmermann (Ozone Photon), 24e du classement overall, s’impose en 2h53, devant Andrea Habegger (3h18, Ozone Photon).

«Nous avons été un peu contrés par le vent du nord, lorsque nous sommes allés vers le Stockhorn, mais comme le vent tapait perpendiculairement à la dernière crête, nous avons réussi à maintenir une bonne vitesse quand même», raconte le Charmeysan Jean Morisetti (numéro 60, Ozone Enzo 3, 20e de la manche). Un groupe de quatre pilotes s’est détaché, mais au moment de partir vers l’ouest, en direction du Pays d’Enhaut, pas mal de pilotes se sont fait piéger par le verrou du Simmental. C’est là que le trio de tête s’est envolé, au sens propre du terme.

La deuxième manche devrait bousculer les scénarios: le vent du nord s’est installé et il obligera les pilotes à décoller du site de Grandvillard.

Jean Ammann    

Manche 2 - Décollage à Grandvillard, par un vent « bizarre »

 Les organisateurs proposent, la météo dispose. «Le vent était annoncé du nord, mais je pense que la canicule modifie le régime des vents. Finalement, peut-être à cause des orages qui se développaient du côté de Gstaad, le vent était du nord-est, et plutôt même de l’est. Ce qui rendait le décollage de Charmey impossible», explique Fabrice Thiébaud, l’un des organisateurs du Swiss Paragliding Open.

Pour la deuxième manche, les septante-sept pilotes ont donc migré vers le site de Grandvillard, apprécié des parapentistes par régime de bise. Ils ont décollé à 14h15 de Levanchy, sur le flanc ouest des Merlas, pour mettre cap au sud, jusqu’aux Millets, puis retour au nord par Patraflon (1875m, nord est de Charmey), demi-tour pour revenir aux Millets et atterrissage à Charmey. Au final, une manche plus courte que la veille, des plafonds plus bas aussi – entre 2800 et 3000m – pour un kilométrage total de 72,6km. Cinquante-trois pilotes sont au goal.

«Comment qualifier les conditions de vol de cette deuxième manche?», s’interroge Fabrice Thiébaud. «Je dirais qu’elles étaient bizarres, sportives, costaudes, mais dans la limite de l’acceptable.»

Au classement, Roger Aeschbacher (Ozone Enzo 3), neuvième la veille, s’impose en 1h36’15, à la moyenne de 37,7km/h. Il devance Stephan Morgenthaler, vainqueur de la première manche, de 69 secondes et Steve Cox, 4 e de la première manche, de 1’25’’. Chez les femmes, Sarah Zimmermann (Ozone Photon) s’impose pour la deuxième fois, avec le 33 e rang overall.

Pour la journée de mercredi, les organisateurs sont pessimistes: «Il y avait 20km/h de vent mardi, il devrait y avoir 25-30km/h mercredi, toujours orienté nord-est. Je ne suis pas sûr que nous puissions lancer la troisième manche. Jeudi, les conditions devraient être plus favorables. Je le dis sans certitude, parce que les prévisions ne sont pas très fiables ces jours», résume Fabrice Thiébaud.

Jean Ammann

Manche 3 - Une ombre au tableau »

Après une manche délocalisée à Grandvillard et une journée de repos forcé, due à un vent trop fort, 76 pilotes se sont retrouvés à Vounetz pour la troisième manche du Swiss Open Charmey. Stéphane Challande qui joue un double rôle dans cette compétition, celui de concurrent et d’organisateur, explique le programme initial de la journée : « Comme les prévisions météo, dit- il, annonçaient des risques d’orage dans l’Oberland et comme les thermiques semblaient meilleurs sur le Plateau que dans les Préalpes, nous avons dessiné une manche qui emmenait les pilotes vers la plaine.» Le goal avait été avancé sur la crête de la Dent du Bourgo, afin d’éviter de traîner sous les cumulus. Mais cela ne s’est pas passé comme prévu.

Avec un plafond de 2800m au start, tout avait pourtant bien commencé dans cette manche prévue sur 88,7km. La première balise était placée vers Thoune, «mais elle était très large (28,3km), il était possible d’éviter le Stockhorn et de passer par le col du Gurnigel. C’est ce que j’ai fait», raconte Stéphane Challande. Septante-cinq pilotes ont validé cette balise. Ensuite – et c’est là que les choses sont gâtées - il fallait obliquer vers le sud-ouest, pour aller chercher la troisième balise, loin en plaine, loin des orages intimidants, au Gibloux. «Mais là, raconte Fabrice Thiébaud, l’un des organisateurs, les nuages se sont développés en enclume et l’ombre a tout coupé.» Résultat des courses : 72 pilotes à la deuxième balise, 0 à la troisième, zéro, nada! Sans énergie solaire, le parapentiste est un piéton. «Tous les pilotes ont posé du côté de Saint- Sylvestre ou de La Roche», résume Fabrice Thiébaud.

Au classement de cette troisième manche, Benjamin Fankhauser (Niviuk X-One) s’impose avec une distance de 53,77km. Il précède Dominik Breitinger (Gin Boomerang RFC, 51,84km) et Gaël Frochaux (Niviuk Icepeak X-One). Le dominateur des deux premières manches et le champion suisse en titre, l’Argovien Stephan Morgenthaler, se classe 7 e (49,93km). Surprise chez les femmes, puisque Sarah Zimmermann (Advance Tau), détentrice du titre, gagnante des deux premières manches, termine à la septième place seulement, avec 39,06km, assez loin des 47,45km de l’Anglaise Agnieszka Zaborowska (Ozone Lyght), qui remporte la catégorie, la meilleure Suissesse étant Andrea Habegger. 

Jean Ammann

Manche 4 - Sarah Zimmermann remet les pendules à l’heure

Le chef du sport de compétition à la Fédération Suisse de Vol Libre, Daniel Graf, avait des accents trumpiens au moment de lancer la quatrième manche du Swiss Open de Charmey: «Le temps s’annonce grandiose (great, dans le texte) pour vendredi», écrivait-il. La crainte des orages, annoncés sur les Alpes, a fait que les concepteurs ont avancé le départ à Vounetz (1600m) d’une demi-heure et ils ont dessiné une manche qui partait vers Thoune, puis revenait vers la plaine, plus précisément vers le Gibloux qui avait été fatal à de nombreux pilotes la veille, pour aller ensuite vers la Dent de Broc. Septante-cinq pilotes au départ, 66 au goal.

Fabrice Thiébaud, l’un des organisateurs du Swiss Open de Charmey s’est glissé vendredi dans la grappe des compétiteurs. Il raconte: «Les thermiques étaient forts, jusqu’à 5-6m/s, et nous nous sommes trouvés satellisés sur le Biffé, à une altitute de 2700m.» Certains pilotes ont même frôlé les 3200m (3170m pour le Sâlois Bruno Liard, septième de la manche et meilleur régional). «En l’air, poursuit Fabrice Thiébaud, les thermiques étaient forts, mais pas trop turbulents. On sentait bien le sud-ouest, qui soufflait à une quinzaine de km/h, en allant vers le Stockhorn, mais il était possible de voler sous le vent pour enfiler une rue de nuages.»

Au bout des 83,1km de course, c’est l’expérimenté Argovien Markus Wicki (Gin Boomerang 12) qui pose en premier, dans le temps de 1h42’58, devant Steve Cox (Ozone Enzo 3, 1h47’05) et René Muhlemann (Enzo 3, 1h46’45, mais avec moins de points). Chez les femmes, après sa contre-performance de jeudi, Sarah Zimmermann (Advance Tau) a remis les pendules à l’heure: première de la catégorie féminine, elle se classe 25 e du scratch en 2h09’15, devant Linda Hoch (Niviuk Artik 7P) et la vainqueure de la veille, la Britannique Agnieszka Zaborowska (Ozone Lyght).

Jean Ammann

Manche 5 - Sarah Zimmermann et Stephan Morgenthaler font les gros titres

Sarah Zimmermann et Stephan Morgenthaler font les gros titres Un bon anticyclone, une bonne canicule, rien de tel pour garantir l’organisation d’un championnat suisse de cross-country: six jours de course prévus entre les 22 et 27 juin, une seule annulation, un seul déplacement de la manche vers Grandvillard (le mardi). Cinq manches se sont déroulées dans le ciel de la Gruyère, avec des plafonds à 3200m pour certaines journées exceptionnelles.

La cinquième manche, courue sous la menace persistante des orages, a été lancée à 13h déjà, le samedi : « Nous avons eu peur des orages, qui étaient annoncés pour 13h du côté du Stockhorn. Nous avons donc avancé l’heure de départ et nous avons dessiné une manche assez courte de 48,5km, résume Fabrice Thiébaud, l’un des organisateurs. Mais nous avons été un peu timides, car au final, les orages ont éclaté plus tard que prévu.» 

Les 71 pilotes au départ de la dernière manche ont décollé de Vounetz, ont appareillé direction plein sud, vers les Millets. C’est dans cette longue transition que certains concurrents ont été surpris par la force du vent dans les Vanils. «Il fallait avoir suffisamment de hauteur lorsqu’on arrivait vers le Vanil Noir, explique Fabrice Thiébaud. Ceux qui étaient un peu bas vers les Roches Pourries (Tête de l’Herbette) se sont trouvés dans les turbulences.» Demi-tour aux Millets, cap au nord pour toucher la balise du Cousimbert, avant de se risquer dans la plaine, où une très large balise sur la rive ouest du lac de la Gruyère, attendait les pilotes. «Nous avions fixé le goal à Marsens, mais beaucoup de pilotes sont revenus à Charmey. Ils ont trouvé un bon thermique de plaine et ils sont passés par-dessus le Biffé.» 

Dans ce cross-country, format sprint, Benjamin Fankhauser (Niviuk Icepeak X-One) a été le plus rapide: en 1h30’28, avec un plafond à 3021m au Gros Brun, il boucle les 48,55km, devant un épatant Jean Morisetti (Ozone Enzo 3), deuxième du classement overall, à 19 secondes seulement. Le Charmeysan est sacré champion suisse de la catégorie junior. 

Au terme de ces cinq jours de compétition, le classement final est fidèle aux conditions météo de la semaine: stable, comme l’anticyclone qui stationnait sur les îles britanniques. Chez les femmes comme chez les hommes, les champions en titre conservent leur titre. Sarah Zimmermann, 2e samedi, et Stephan Morgenthaler, 6 e de la dernière manche, sont sacré(e)s championne et champion de Suisse. En catégorie Sports, le régional Gaëtan Gerber (Ozone Photon) termine 2 e du classement général, à 64 points de Frédéric Monnet. 

A l’heure du bilan, Fabrice Thiébaud souligne le travail des bénévoles : environ 25 personnes ont œuvré jour après jour pour le bon déroulement de la manifestation. Il salue l’engagement d’une escadrille de pilotes, Stéphane Challande, Henri Descombes, Jean Morisetti et Mathieu Devaud, qui ont joué un double rôle, comme compétiteurs et comme organisateurs. 

Jean Ammann

Search